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Le CIQ rencontre la ministre Christine St-Pierre

7 juin 2016

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Christine St-Pierre, a profité de l’assemblée générale annuelle du CIQ pour rencontrer les représentants des ordres professionnels. Après avoir réitéré l’importance que le gouvernement du Québec accorde à l’accueil des professionnels formés à l’étranger et à la reconnaissance de leurs compétences, la ministre St-Pierre a échangé avec les participants qui ont fait part de la réalité des ordres dans l’étude de certains de ces dossiers.

Contribution de l’immigration à l’économie du Québec

Pour la ministre St-Pierre, dans le contexte de mondialisation et de compétition accrue entre les États qui prévaut actuellement, la prospérité future du Québec dépend de la mobilité des professionnels. « L’immigration n’est pas une option, mais une nécessité », a-t-elle déclaré, citant le premier ministre du Québec. « Et comme la concurrence s’accentue entre les États pour l’attraction des talents, il faut s’assurer qu’une grande proportion de ces talents choisisse le Québec comme terre d’accueil. »

Les ARM : un modèle qui fait école

En 2008, le gouvernement du Québec signait une entente en matière de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles avec le gouvernement français. Cette « passerelle sans équivalent en matière de mobilité professionnelle » a notamment permis aux ordres professionnels de conclure, avec leurs vis-à-vis français, des Arrangements de reconnaissance mutuelle (ARM). « L’entente demeure, à l’échelle mondiale, l’instrument le plus effectif en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles entre deux entités économiques distinctes », a souligné la ministre.

Au 31 décembre 2015, les ARM avaient notamment permis de reconnaitre les compétences acquises outre-mer par 1 040 infirmières, 144 médecins, 124 opticiens d’ordonnances, 49 pharmaciens, 317 ingénieurs et 37 dentistes. « Chacune de ces reconnaissances constitue une réussite qui vient enrichir notre société en créant des ponts de savoir et en insufflant une importante diversité au sein des membres des ordres professionnels », a ajouté Mme St-Pierre.

Si le modèle des ARM fait école, il doit cependant constamment évoluer afin de s’adapter aux défis que pose leur mise en application dans un contexte où les pratiques et les normes professionnelles sont en constante évolution.

La ministre a déclaré que d’autres pays manifestent actuellement leur intérêt à établir des ententes similaires avec le Québec.

Un échange franc avec les ordres

À la suite de son allocution, la ministre St-Pierre a échangé ouvertement avec les représentants des ordres. Certains ont notamment souligné les difficultés rencontrées par les candidats formés à l’étranger qui sont incapables de satisfaire aux mesures compensatoires prévues aux ARM, par exemple des stages ou de la formation d’appoint, faute de disponibilité.

La ministre St-Pierre reconnait que cette problématique n’est pas du seul ressort des ordres et que le gouvernement, sensible à la situation, est déterminé à prendre les mesures requises pour faciliter la mobilité des professionnels. « Il s’agit d’une préoccupation du premier ministre qui, pour y répondre, a institué en l’automne 2014 un comité interministériel réunissant les principaux ministères et organismes jouant un rôle dans les processus de reconnaissance des compétences », a expliqué la ministre. Mentionnons que le CIQ est le seul organisme non gouvernemental à faire partie du comité interministériel.

Certains ordres ont également exprimé leur malaise à l’égard de certains cas hautement médiatisés de personnes formées à l’étranger qui n’ont pu répondre à l’ensemble des exigences requises pour obtenir la reconnaissance de leurs compétences. « Nous sommes pleinement conscients que les difficultés vécues par plusieurs d’entre eux tenaient au respect des conditions établies par les ARM », a répondu la ministre.

Elle a poursuivi en disant ne pas remettre en question le travail rigoureux soutenant l’émission des permis de pratique, un travail qui incombe aux ordres. « Votre premier devoir, en tant qu’autorités compétentes, est d’assurer la protection et de protéger les intérêts du public. Un devoir qui appelle à une rigueur et à l’élaboration de processus stricts ». La ministre a cependant demandé aux ordres de s’assurer que cette rigueur ne soit pas un écran menant à la fermeture et qu’elle ne soit pas influencée par les variations normales dans les besoins de main-d’œuvre. « Car s’assurer que nous tirons le plein potentiel des talents issus de l’immigration, c’est aussi ça, l’intérêt public », a-t-elle déclaré.

La ministre s’est engagée à appuyer les ordres professionnels afin que l’entente Québec-France demeure vivante, active et effective. « Pour y arriver, nous devons travailler ensemble. Mon ministère pour vous soutenir dans vos démarches, notamment en vous accompagnant dans votre cheminement de négociation et de révision des ARM ».

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