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Un programme de microprêts accordés aux professionnels immigrants pour faire reconnaître leurs compétences pourrait disparaître

26 juin 2017

Chaque année, ils sont plus de 4000 professionnels formés à l’étranger à faire une demande de reconnaissance de leurs compétences auprès de l’un des 46 ordres professionnels du Québec. Environ la moitié des candidats reçoivent une reconnaissance partielle de l’ordre concerné, c’est-à-dire qu’ils devront suivre une formation d’appoint ou compléter un stage, ou les deux le cas échéant, avant d’obtenir leur permis d’exercice.

Toutefois, les candidats qui entreprennent ce parcours, bien souvent des personnes immigrantes, peuvent faire face à plusieurs embûches, dont le manque ou l’absence de ressources financières. Dans certains cas, cela se solde par l’abandon du processus de reconnaissance par les candidats.

Depuis 2012, l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) offre le programme Objectif Reconnaissance qui participe à remédier à cette réalité. En effet, ce programme soutient financièrement les professionnels immigrants qui doivent mettre à jour leurs compétences ou entreprendre des démarches de reconnaissance de leurs acquis auprès d’un ordre professionnel.

Financé par le gouvernement fédéral dans le cadre d’un projet-pilote mené à Vancouver, Toronto et Montréal, l’ACEM a bénéficié d’un financement de 1,5 M$ qui lui a permis d’accorder plus de 278 prêts (jusqu’à concurrence 10 000$ par prêt) à des candidats immigrants formés à l’étranger. Quelque 930 000 $ ont ainsi été prêtés pour supporter divers coûts liés à la mise à niveau des compétences – retour aux études, examens, frais de dossiers, frais de subsistance, etc. Le programme Objectif Reconnaissance demeure cependant largement méconnu.

Le programme de l’ACEM a accompagné près d’une centaine de professionnels à obtenir la reconnaissance complète de leurs compétences, sans compter que d’autres candidats sont en voie de réussir. À noter que le taux de remboursement des prêts est 99%.

En attente d’une stratégie québécoise

Or, ce projet-pilote du gouvernement fédéral s’est terminé en 2015. Depuis, l’avenir est incertain quant à ce programme de microdrédit qui a pourtant fait ses preuves.

Le Conseil interprofessionnel demande que le gouvernement du Québec prenne le relais, d’autant qu’il dispose de l’argent qui pourrait être affecté à cette fin en raison des transferts fédéraux vers la province en matière d’immigration.

Le CIQ réitère sa recommandation sur les microprêts

Déjà en 2015, le Conseil recommandait au Ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) la mise sur pied d’un programme québécois de prêts pour faciliter l’intégration professionnelle des immigrants.

Un projet de Stratégie d’action du MIDI en vue de résoudre les difficultés de reconnaissance des compétences reprenait récemment la recommandation du Conseil, du moins dans son esprit. En effet, cette stratégie prévoirait, selon les informations disponibles, « examiner la possibilité d’offrir des prêts pour la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes formées à l’étranger qui se destinent à l’exercice d’une profession régie. »

« Il faudra s’assurer que cette intention du MIDI se traduise par un engagement réel des autorités gouvernementales », affirme Jean-François Thuot, directeur général du CIQ. Nous sommes convaincus que les autorités gouvernementales doivent soutenir ce type de mesure, d’autant que son succès semble attesté par des expériences menées dans d’autres régions canadiennes. »

« L’investissement dans le potentiel de gens porte ses fruits et a une retombée sociale et économique dans notre métropole », affirme Indu Krishnamurty, directrice générale adjointe de l’ACEM. En attendant une réponse de la part du MIDI quant à un futur programme de soutien financier,  Mme Krishnamurty tente de faire connaitre davantage le programme Objectif Reconnaissance, en plus de chercher des solutions pour le pérenniser.

 

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